Présidentielle : les candidats et la question du logement

Présidentielle : les candidats et la question du logement

Comment leurs propositions impactent-elles la location saisonnière ?

Secteur traditionnellement sensible aux fluctuations économiques d’un pays, le marché de l’immobilier n’a pas échappé à la crise qui a touché l’économie française en 2008. Depuis, les perspectives de croissance ont mis du temps à s’éclaircir, et ni les propriétaires ni les locataires n’ont été épargnés, à tel point que de 8% du parc immobilier français était inoccupé en 2014 - soit près de 2,6 millions de logements. Dans ce contexte, le développement très rapide des plateformes numériques de location saisonnière au cours des dernières années a fait apparaître de nouvelles opportunités de croissance salvatrices pour le secteur, puisqu’elles ont contribué à remettre sur le marché une grande partie des logements inoccupés.


Toutefois, en raison de sa rente bien plus élevée que la location classique, le meublé de tourisme a entraîné une reconversion de très nombreux logements dans les métropoles françaises - voire mondiales, si bien que les pouvoirs publics tentent d'adopter des réglementations, mais le font trop souvent de manière désordonnée. Après plusieurs années de maturation, le secteur atteint peu à peu sa vitesse de croisière : il est désormais plus facile et adapté de légiférer sur ses travers.


Présent dans le programme de tous les candidats, le thème du logement n’a que peu été abordé jusqu’alors - et celui de la location courte durée encore moins : absent des débats télévisés, seule la fondation Abbé Pierre s’y est réellement intéressé. Il est donc intéressant de se pencher en détail sur les différentes propositions des candidats. Focus sur celles des cinq candidats les plus hauts dans les enquêtes d’opinion - Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen.


Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon est le candidat qui développe le plus la question du logement dans son programme. Il y consacre en effet un livret entier dans lequel il énonce vouloir en finir avec la spéculation « pour garantir à chacun le droit à un logement digne », droit qu’il souhaite par ailleurs inscrire dans la Constitution. Dans la lignée de son programme, il condamne le fait que la spéculation foncière a contraint les plus modestes à s’éloigner des centres urbains et avance diverses propositions pour lutter contre cette tendance. Il est par exemple le seul à aborder aussi frontalement la question des plateformes de location saisonnière. Il souhaite ainsi « soumettre à l’impôt les plateformes du type Airbnb, en limiter l’usage aux seuls propriétaires occupants et pour une durée limitée » et également mettre fin aux aides fiscales à l’investissement locatif privé. Autrement dit, le candidat de la France Insoumise a pour objectif de freiner l’investissement dans plusieurs biens immobiliers dans le but de toucher une rente dessus. Il compte sur la création d’un parc immobilier public pour l’aider dans cette tâche : l’État serait propriétaire de la surface du sol et louerait à des bailleurs la gestion du logement de manière emphytéotique. En outre, il explique vouloir « réquisitionner les bâtiments vides », c’est-à-dire les logements inoccupés. Pour réussir cela, il portera la taxe sur les logements vacants situés dans les zones tendues à 50 % la première année et à 100 % la seconde.
Le programme de M. Mélenchon compte par ailleurs un ensemble de mesures censées contribuer à la détente du marché immobilier de la location : son programme prévoit entre autres la construction de 200 000 logements sociaux par an, l’augmentation de 30% du quota de logements sociaux dans les zones tendues, la généralisation de l’encadrement du prix des loyers à la baisse à l’ensemble du territoire français, et encore plus dans le secteur des HLM où ils ne devront pas dépasser « 20% des revenus des ménages ».

Benoît Hamon

Le candidat du Parti Socialiste avance dans son programme plusieurs propositions pour détendre le marché immobilier. Il évoque d’abord l’organisation d’une « grande conférence sur le logement » dans les mois suivant son  élection et qui serait organisée en concertation avec les professionnels du secteur. Benoît Hamon étendra l’encadrement des loyers à toutes les zones tendues de France (c’est-à-dire treize métropoles incluant Paris et Lille) et à réformer le système de taxes foncières, avançant qu’il « n’est pas normal qu’à La Courneuve, on paie autant que dans le Marais ». Comme son concurrent Mélenchon, il propose la création d’une « garantie universelle des loyers », initialement incluse dans la loi ALUR mais finalement abandonnée, qui couvrirait entre autres les loyers impayés dans le but de renforcer la protection des foyers plus modestes. Candidat du revenu universel, il annonce également vouloir maintenir l’accès aux APL en plus de celui-ci. Il a en outre comme objectif d’accélérer la construction de nouveaux logements à hauteur de 500 000 par an, dont 150 000 logements sociaux et de doubler les taxes sur les logements laissés vides.


Toutefois moins extrême que Mélenchon, il souhaite poursuivre la régulation de la location courte durée sans aller plus loin dans les précisions. Il ne mettra pas non plus un terme aux incitations à l’investissement locatif sans en évaluer l’efficacité auparavant. La seule mesure à laquelle il manifeste une réelle opposition est la Loi Pinel - qui permet de déduire jusqu’à 63 000€ sur une période de 6 à 9 ans si l’on achète un logement neuf ou en construction - car il la juge « budgétivore » ; son élection pourrait entérinerait sa fin.

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron propose dans son programme une série de mesures qui répondront selon lui au défi du logement en France de façon équilibrée, c’est-à-dire répondant pour certaines aux attentes des locataires et pour d’autres à celles des propriétaires. Sa mesure-phare sera d’exempter 80% des français de la taxe d’habitation dès 2020, une taxe « injuste » selon lui car « on paie souvent beaucoup plus quand on vit dans une commune populaire que dans une commune riche ». Le fondateur d’En Marche ! annonce la création d’un « bail mobilité » d’une durée inférieure à un an, qui facilitera  l’accès au logement des personnes en CDD, en stage ou en intérim. Il s’agira d’un bail d’une durée inférieure à un an, « avec des droits plus restreints pour le locataire ». Réservé aux zones tendues et fortement encadré, ce bail est pensé pour répondre au manque de solutions légales à la location d’une durée intermédiaire, et qui pousse de nombreux propriétaires à déserter le marché de la location traditionnelle pour les plateformes comme Airbnb, une situation « ubuesque » pour l’ancien ministre de l’Économie.


Dans sa logique de simplification administrative, M. Macron souhaite réformer l’attribution des logements sociaux, en basant le processus sur un « système de points, fondé sur des critères objectifs (taille de la famille, niveau des ressources, lieu de recherche) ». Cette réforme doit rendre les démarches plus transparentes et plus efficaces. Les APL seront également réformées « au bénéfice des locataires ». Toutefois, le candidat annonce que l’encadrement des loyers et le dispositif de la loi Pinel seront d’abord évalués avant une éventuellement suppression. En outre, Emmanuel Macron mettra en place une politique de construction de logements plus ciblée, en allouant des ressources prioritairement à l’Île-de-France, où 70 000 logements seront construits chaque année, et à la région PACA, pour atteindre 45 000 nouveaux logements par an.

François Fillon

Partant de son constat selon lequel « le logement est devenu un motif d’inquiétude pour beaucoup
de Français », François Fillon souhaite « alléger la fiscalité » et les contraintes pesant sur l’accession au logement. Considérant que le marché est trop favorable aux locataires, il compte supprimer l’encadrement des loyers que la loi ALUR a instauré. Il les remplacerait par un « bail homologué » incluant une série d’avantages fiscaux « proportionnels à la faiblesse du loyer » afin de créer de l’incitation du côté des propriétaires. Ces avantages pourraient prendre la forme d’une exonération de taxe foncière pour une durée allant jusqu’à quinze ans. Les procédures d’expulsion en cas de non-paiement seront quant à elles accélérées.


Le candidat des Républicains souhaite en outre baisser le plafond de revenus offrant la possibilité à un ménage d’accéder à un logement social ; ceux dont le salaire est trop élevé pour y résider se verront contraints de payer un « surloyer de solidarité » en compensation. L’attribution de ces logements sera d’ailleurs confiée aux maires dans le but de « mieux la maîtriser » et de la rendre « plus transparente » ; les aides au logement seront incluses dans une «  prestation sociale unique » et adaptée à chaque situation. Parallèlement à cela, il développera des « logements
intermédiaires en zone hypertendues pour les classes moyennes » à la TVA réduite. 


Enfin la « logique de la loi SRU » - qui impose à chaque commune d’avoir au moins 20% de logements sociaux - « sera démontée » : François Fillon juge en effet qu’il faut « assouplir les règles de plancher du nombre de logements HLM et introduire des règles de plafond en fonction des caractéristiques des territoires afin de produire un plus grand nombre de logements sociaux là où sont les besoins ». De façon générale, il privilégiera l’échelon de l’intercommunalité pour les politiques - d’attribution - de logements dans le but d’arriver à la solution la plus adaptée à chaque cas. 


Enfin, François Fillon propose une TVA réduite pour les investissements locatifs longs dans le bâti neuf.

Marine Le Pen

La candidate du Front National a pour objectif de « renforcer l’accès au logement ». Elle annonce ainsi une baisse de 10% des droits de mutation et la mise en place de prêts aidés pour aider les locataires à accéder à la propriété. Cela concerne surtout le marché des logements sociaux : elle aimerait ainsi que chaque année 1% du parc HLM soit vendu. Dans le domaine de l’habitat neuf, elle se dit favorable au dispositif Pinel de défiscalisation et souhaite le reconduire.
La députée européenne compte également faire baisser la fiscalité du secteur : les foyers les plus modestes bénéficieront ainsi d’une diminution de la taxe d’habitation, du gel de son augmentation future et de l’exclusion de la prise en compte du patrimoine dans le calcul des APL. Ces dernières seront d’ailleurs revalorisées de 25% « pour les jeunes jusqu’à 27 ans ». Elle explique toutefois être sceptique quant à la pérennité de l’encadrement des loyers dont elle doute de l’efficacité sur le long terme en raison notamment de l’attractivité des plateformes de location saisonnière qui sont plus lucratives pour les propriétaires.

Marine Le Pen a fait des « déserts français » un de ses thèmes de campagne : elle souhaite en effet « rééquilibrer la politique de la ville vers les zones désertifiées et rurales ». Dans les zones tendues, elle explique dans son programme vouloir « rationaliser et simplifier les normes d’urbanisme et de construction afin de résorber les tensions sur le marché du logement », sans donner plus de précisions sur les modalités de ces propositions.
Fidèle à son idéal de préférence nationale, elle souhaite étendre celle-ci aux problématiques de logement, et notamment à l’attribution des logements sociaux qui seront réservés « prioritairement aux Français ». 

Enfin, en termes d’économie numérique, MLP compte créer un « secrétariat d’Etat dédié aux mutations économiques […] afin d’anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, économie du partage…) ». L’objectif d’une telle institution serait de réguler la concurrence afin de rendre celle-ci loyale.


Vous voilà briefés sur les avis des principaux candidats au sujet du logement et de la location saisonnière. Et vous, qu'en pensez-vous ? Nous vous invitons à réagir via Twitter @LuckeyByAirbnb.

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